
Musée-Forum
31420 Aurignac
Résumé du projet culturel et perspectives 2006-2011
Après quelques années d’effort, on peut affirmer que le musée a aujourd’hui obtenu un résultat probant : l’éponyme de l’Aurignacien sonne aux oreilles de tous comme une évidence.
Depuis la rédaction du projet scientifique et culturel en 2002, les activités du musée se sont développées par de nombreuses actions. L’état dégradé du musée a conduit à la mise en sécurité des collections et à sa fermeture en 2004. Loin de s’arrêter, la vie s’est organisée hors les murs en programmes scientifiques, pédagogiques, manifestations de diffusion des connaissances et d’éditions. Des réseaux de coopération, de collaboration ont été mis sur pieds, certains d’ampleur internationale.
Face à ces défis qu’elle s’est elle-même imposée, l’équipe s’est d’une part professionnalisée d’autre part renforcée. Ce mouvement a suscité donations ou dépôts et a été accompagné par de nombreux partenaires. Le concours de l’État n’a jamais fait défaut, de même que celui de la Région Midi-Pyrénées, du département de la Haute-Garonne et de l’Europe.
Le musée est maintenant à la croisée des chemins. L’ensemble des contacts, des réseaux et des résultats obtenus ne pourront porter pleinement leurs fruits qu’avec la construction du nouvel établissement. L’ambition initiale a été augmentée, mais la vocation n’a pas changé. Le Musée-forum a pour objectif de recevoir la bibliothèque municipale en même temps que le musée et de créer un lieu vivant d’échanges de connaissances, d’apprentissage et d’expérimentation. Le programme architectural est rédigé ainsi qu’un document d’approche muséographique.
L’aurignacien a le vent en poupe, la recherche internationale est sur ce sujet de la préhistoire très active. Les enjeux scientifiques et historiographiques actuels autour de l’évolution de l’humanité sont plus aigus encore qu’en 2002. Ils confirment l’intérêt et l’importance de cette orientation pour le musée-forum. Moins exprimée alors en revanche, la demande locale autour de la recherche sur la cité médiévale d’Aurignac, ses archives, son patrimoine médiéval a émergé depuis 2002.
Ce document contient un résumé et une actualisation du projet scientifique et culturel validé en 2002 par la Direction des Musées de France. Il présente aussi la synthèse des réalisations arrêtées à la date d’avril 2006. Enfin des perspectives pour 2006-2011 sont proposées.
Sommaire
I) Résumé et actualisation du programme scientifique et culturel de 2002
a. Un site archéologique emblématique du sud-ouest
1) Présentation géographique
2) Histoire du site archéologique
L’Abri d’Aurignac, trouvaille fortuite, découverte capitale.
D’abord : le Singe !
La fouille de l’Abri d’Aurignac
Et voici l’homme
A l’exposition universelle
La bataille aurignacienne
De la fouille au Musée de Préhistoire
b. Un musée de préhistoire voulu par la municipalité
c. Des collections issus de sites prestigieux, de nouveaux dons et dépôts
d. Le projet de réinvention : un concept innovant
1) Objectifs généraux
les témoins du passé pour le citoyen d’aujourd’hui
Etre à la hauteur du rôle d’éponyme
Musée, parc, sentier et abri préhistorique : une approche globale
2) Le musée et la bibliothèque sous le même toit
e. Le musée dans une dynamique de réseaux
1) Réseau local : une participation active des écoliers du canton
2) Réseau de Pays : Le Musée-forum un projet structurant du « Pays de Comminges-Pyrénées ».
Un pôle de conservation dans une perspective de développement durable
3) La chaîne pyrénéenne : Aurignac membre fondateur de Pyrénées-Préhistoire
4) Le musée au centre d’une dynamique internationale
II) Animer et se faire connaître pour préparer la réouverture du nouveau musée : Les réalisations depuis 2002
a. Une équipe renforcée et professionnalisée.
b. Une appropriation locale progressive du musée.
1) projets pédagogiques et scolaires
2) Conférences et formation des enseignants
3) L’atelier d’initiation à l’archéologie : archéo-labo
4) Manifestations grand public.
c. Rechercher et et diffuser les connaissances
1) Recherche et diffusion des connaissances
2) Des collections intéressant la jeune génération de chercheurs
3) Et autour du château : exposition juin 2005
d. Faire connaître le musée en France et à l’étranger
1) Le e-conservatoire de l’Aurignacien
2) La coopération transnationale « les chemins de l’art aurignacien en Europe ; Das Aurignacien und die Anfänge der Kunst in Europa
III) Les projets pour 2006-2011
a. Recherche, édition et publications.
Brochure de promotion des sites aurignaciens coopérants.
Cahier 2 (Colloque 2003).
Cahier 3 : Le monde de l’Aurignacien (glossaire des objets et techniques).
Beau livre d’art bilingue sur L’art aurignacien, 450 pages couleurs (colloque 2005).
Etude et monographie : Lartet, un scientifique méconnu.
b. Mise en valeur et promotions des sites archéologiques et de l’Aurignacien
Prototype de mise en valeur de l’abri préhistorique.
Exposition Itinérante bilingue (2007-2008)
c. Perspectives de travail commun
Rencontre des musées du Comminges.
Constitution de l’association « Pyrénées préhistoire ».
Projet de coopération transfrontalière franco-espagnole, Italo-autrichienne sur le thème des relations transfrontalières médiévales (2008-2011.
Coopération avec les pays du « froid » d’Europe et américains : peuple du froid, mode de vie
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I) Résumé et actualisation du projet scientifique et culturel de 2002
a. Un site archéologique emblématique du sud-ouest
1) Présentation géographique
La commune d'Aurignac est située en Haute-Garonne, département de la région Midi-Pyrénées. A 70 km au sud-ouest de la ville de Toulouse, Aurignac est desservi par l'autoroute A64 reliant Toulouse à Bayonne. Cette petite commune de 1000 habitants est un chef-lieu de canton.
Le sud de la Haute-Garonne correspond au Comminges fief des anciens comtes de Comminges, aujourd'hui devenu après tracé d'un périmètre le Pays de Comminges, au sens de la loi Voynet.
Regroupant 70.000 habitants autour de la sous-préfecture de Saint-Gaudens, le Comminges partage son paysage entre montagnes pyrénéennes, vallée alluviale de la Garonne et au nord, où se trouve Aurignac, une zone de coteaux.
Terre d'Histoire, terre de Préhistoire, le Comminges comporte bien des témoins riches et variés d'un passé qui commence il y a 300.000 ans avec à Montmaurin l'un des plus vieux restes humains de France.
Non loin de là, à Lespugue, la célèbre statuette dite Vénus de Lespugue a aussi été trouvée dans l'une des nombreuses cavités des gorges de la Save.
Après la conquête romaine, Saint-Bertrand-de-Comminges alors appelé lugdunum convenarum devient une capitale importante.
Les traces de la féodalité sont remarquables en de nombreux points de ce pays mais tout particulièrement à Aurignac, dominé encore aujourd'hui par les imposantes ruines du château..
A partir de cet emplacement défensif s'est organisé au fil des siècles un village enfermé dans une première enceinte qui peu à peu s'étend à partir de la Renaissance.
Si la ville est édifiée sur une colline de calcaire riche en gîtes à silex et en cavités, ce site avait déjà été bien auparavant occupé par ceux qui recherchaient ce matériau indispensable à leur industrie : les hommes préhistoriques.
Aussi aujourd'hui Aurignac et son canton sont d'un attrait touristique certain grâce à leurs vestiges très variés des populations anciennes
2) Histoire du site archéologique.
L’Abri d’Aurignac, trouvaille fortuite, découverte capitale
Il y a un siècle et demi, un ouvrier agricole, occasionnellement carrier, à la recherche de cailloux pour empierrer la route, découvre une cavité dans le vallon de Rodes (ou Rhodes) à Aurignac.
Fortuitement, en avril 1852, commence une aventure scientifique totalement nouvelle : une science naissante, la Préhistoire, enfantée dans l’incrédulité générale, contre des adversaires féroces, pose ses bases fécondes grâce à un avocat gersois, devenu paléontologue et naturaliste, sagace et rigoureux, Edouard Lartet.
A cette époque l’humain est bien le dernier arrivant sur la terre, à une époque qui précède à peine l’Antiquité.
D’abord : le Singe
C’est dans ce contexte qu’Edouard Lartet met au jour, en 1836 à Sansan dans le Gers, une faune variée comprenant en particulier les restes d’un singe fossile. « Cette trouvaille de Sansan est capitale car elle bouleverse l’interprétation de Cuvier selon laquelle les singes seraient d’apparition récente » écrit Marc Groenen. Vingt ans plus tard, trouvé à Saint-Gaudens, le Dryopithèque, un autre singe, est présenté à la science. Les savants doivent se rendre à l’évidence.
Mais voici que l’éminent milieu scientifique se voit confronté en 1861 à l’hypothèse de la présence de l’Homme sur terre, longtemps avant le déluge biblique. Il s’agit bien d’une révolution de la pensée. La communauté scientifique française n’est pas prête à croire à l’existence d’un homme antédiluvien. Dans le nord de la France, Boucher de Perthes a trouvé à Abbeville des silex taillés par la main de l’homme. Il ne réussit à convaincre en 1859 que… les britanniques. L’année même où paraît en Angleterre le célèbre ouvrage « De l’origine des espèces par voie de sélection naturelle » du naturaliste Charles Darwin.
Une incrédulité tenace
Mais l’Académie des Sciences de Paris refuse même de publier la note que lui envoie Edouard Lartet. Le titre en est évocateur : « Note sur l’ancienneté géologique de l’espèce humaine dans l’Europe ». Elie de Beaumont persiste « je ne crois pas que l’espèce humaine ait été contemporaine de l’Elephas primigenius (le mammouth) » (Méroc, 1963) .
En effet, depuis la mise au jour du singe tertiaire de Sansan et les découvertes de ses confrères, Lartet cherche les origines de l’humanité. Puisqu’il a trouvé un singe (mammifère évolué dans l’échelle des vertébrés) aujourd’hui disparu, pourquoi l’homme n’aurait-il pas lui aussi, un lointain ancêtre ? Mais il lui manque une preuve. Aurignac va la lui fournir
La fouille de l’Abri d’Aurignac
En 1860, Edouard Lartet entreprend avec trois ouvriers la fouille de l’abri puis creuse devant la cavité jusqu’au niveau cendreux nommé E sur son schéma. Ainsi se superposent trois niveaux qu’il nomme A : surface, contenant les sépultures (qu’il représente recroquevillées estimant que la cavité, trop exiguë ne pouvait les recevoir allongées) , B et C correspondant au niveau immédiatement inférieur, (B dans la grotte, C devant l’abri), et E : où il trouve une trace d’occupation avec un foyer.
Pour Lartet, A et E sont contemporains malgré une épaisseur d’un mètre les séparant : les hommes, vivant autour du foyer enterraient leurs morts dans la cavité, derrière et au-dessus d’eux et refermaient ensuite le sépulcre avec une dalle.
Le matériel archéologique est abondant, la faune riche et variée (hyène des cavernes, ours des cavernes, mammouth, rhinocéros laineux, le cerf mégacéros, le bison…) dont certains ossements ont été visiblement travaillé par la main de l’homme.
Et voici l’Homme
C’est grâce à ce bestiaire quaternaire dont il a trouvé des restes portant des traces de décharnement ou bien d’utilisation par l’Homme, et au terme d’un inventaire des différentes découvertes récentes et sérieuses d’Europe, que le savant prouve enfin, et définitivement, « l’ancienneté géologique de l’homme ».
L’Abri préhistorique d’Aurignac, dessin d’Edouard Lartet
A l’exposition universelle
Mais Aurignac n’a pas encore atteint la célébrité qui lui revient, même si le gisement reste attaché à la preuve définitive de l’existence d’un homme antédiluvien et a eu la place d’honneur à l’exposition universelle comme le raconte Gabriel de Mortillet en 1867. Le pas franchi, les découvertes se succèdent en Dordogne, Édouard Lartet avec le mécène anglais Henri Christy fouillent le Moustier, La Madeleine, le grotte des Eyzies, Laugerie-Haute…
La chronologie, fondée sur la Paléontologie proposée par Lartet va faire place à une chronologie typologique initiée par Gabriel de Mortillet.
La bataille aurignacienne
Décidément le site d’Aurignac provoque des débats. G. de Mortillet définit les périodes en fonction de l’outillage lithique découvert sur les prestigieux sites fouillés. D’instinct Lartet a compris que la plus ancienne des industries périgourdines pourrait provenir du Moustier. De Mortillet, au fil des années affine sa classification. Tout jeune abbé arrivé sur la scène du débat scientifique, Henri Breuil n’est pas d’accord avec la classification de de Mortillet. Le toulousain Émile Cartailhac, s’est rendu compte aussi « de l’aspect archaïque » de l’industrie du Tarté, grotte livrant des silex taillés du type d’Aurignac.
Breuil défend vigoureusement ces industries qu’il baptise aurignaciennes, plus anciennes, pense-t-il que le Solutréen. Gabriel et Adrien de Mortillet, son fils, résistent. La querelle est parfois houleuse, discourtoise. Finalement, les fouilles menées par Denis Peyrony donnent raison à l’abbé : « tous les faits stratigraphiques non contestables sont favorables à l’antériorité de l’Aurignacien sur le Solutréen ». La bataille est gagnée en 1908, Aurignac est désormais site éponyme ! Le nom a été proposé par le belge Rutot, au congrès international de Monaco en 1906 où Breuil a repris l’offensive contre un « assaut de Mortillet » (Breuil, 1963)
Même si aujourd’hui les termes de la polémique ont changé, il n’en reste pas moins que la « bataille aurignacienne » n’est pas close
De la fouille au Musée de Préhistoire
Abandonné à lui-même, l’abri est visité par quelques préhistoriens, puis retourne peu à peu dans l’oubli. Toutefois il est classé Monument historique le 6 mai 1921.
Fernand Lacorre, décide de reprendre la fouille en 1938 et 1939, qu’il publie seulement en 1963. Il s’attaque au talus restant à l’extérieur, devant la grotte et confirme par ses découvertes, deux occupations, l’une qu’il qualifie de Néolithique, avec des restes céramiques, et l’autre aurignacienne. Jusqu’en 1961, le site est de nouveau abandonné. Louis Méroc, à l’occasion du centenaire de la découverte par E. Lartet, effectue un sondage à proximité de l’Abri, à 30 mètres en amont. En effet, il suppose que la petite cavité est le vestige d’un surplomb plus conséquent, effondré après le passage des hommes de la Préhistoire. De fait, le gisement qu’il baptise Aurignac II montre sous un éboulis important de blocs calcaires, une couche archéologique où l’industrie aurignacienne est la seule représentée.
Une reprise des collections au travers de plusieurs études récentes montre que les sépultures d’Aurignac appartiennent plus vraisemblablement à l’âge du Bronze ancien. Par ailleurs, une présence fugace d’éléments solutréens indique une occupation postérieure aux Aurignaciens, mais Paléolithique, qui n’avait pas été identifiée jusqu’à présent.
A la suite des cérémonies du centenaire de la découverte de l’Abri, entre en scène un amateur passionné de Préhistoire, L’Abbé Algans, doyen de la paroisse d’Aurignac. Il reprend les fouilles des déblais de Lacorre, puis s’intéresse au château d’Aurignac. Dans le donjon sont mis au jour une petite série céramique de la période médiévale et des XVIème ou XVIIème siècles.
b. Un musée de Préhistoire voulu par la commune
A la suite de la célébration du centenaire de la découverte de Lartet en 1961, le conseil municipal avait demandé « par délibération du 6 juillet 1962, que soit installé un musée à Aurignac Le même conseil, le 27 novembre 1965, « insiste sur la notoriété, dans la Préhistoire, de l’échelon aurignacien, et renouvelle instamment la demande de création d’un musée à Aurignac ». Le 17 juin 1967, le directeur des Musées de France annonce la participation de l'État aux frais d’aménagement du local « destiné à abriter le musée de Préhistoire ». L’Abbé Algans est ensuite nommé conservateur le 24 décembre 1968 d’un musée qui ouvre le 22 juin 1969.
A partir des années 1990, la municipalité prend conscience du vieillissement prématuré de l’édifice, construit en dalle de bétons, avec une toiture en terrasse.
c. les collections issues de sites prestigieuses
Les archives du musée qui ont fait l'objet, à l'occasion du récolement d'inventaire, d'un dépouillement complet, ont permis de retracer l'histoire des principaux apports qui ont constitué le fonds patrimonial du musée.
Les collections sont composées grâce à plusieurs donations qui interviennent successivement :
La donation F. Lacorre contient des séries lithiques issues de sites prestigieux de la Dordogne (dont l’éponyme de La Gravette), et de Tunisie. Outre des éléments issues de collectes de surfaces (terrasses de la Garonne) on notera la présence de belles pièces d’industrie osseuse (collection Saint-Périer), une belle série lithique et de plaquettes gravées de la grotte de Gourdan (Haute-Garonne), des restes d’animaux du tertiaire.
Plus récemment le musée a reçu une donation de diverses petites séries (collection Manière) régionales, ainsi qu’un important dépôt résultant du démantèlement d’un cabinet de curiosité.
Le Moyen-Âge est représenté par de petites séries provenant des fouilles du château d’Aurignac.
Le musée a acquis avec l’aide de l’Etat une bibliothèque privée d’un préhistorien. Elle contient l’ensemble de la collection des bulletins de la société préhistorique française depuis 1920, ainsi qu’une trentaine d’autres ouvrages de préhistoire et protohistoire. Depuis le musée s’attache à augmenter ce fonds et le documenter sur l’actualité de l’Aurignacien dans le monde.
Durant les premiers mois de 2004, de nouvelles propositions de dons et de dépôts nous été offertes.
Le musée-forum a vu ainsi ses collections augmentées de plusieurs intéressantes séries.
Une donation de Monsieur G. Manière est venue tout d’abord documenter des grottes de la région pyrénéenne avec des pièces issues de collectes réalisées avec Louis Méroc dans les années 1960. Relevons pour l’abri éponyme d’Aurignac un très beau grattoir caréné aurignacien typique. Une série d’outils en silex provient de la grotte de la Tourasse à Saint-Martory et de Lortet dans les Hautes-Pyrénées. Le Musée possède donc en particulier des outils en silex de la période dite « Mésolithique », c’est-à-dire du moment, vers 10 000 ans avant J.C. où le climat se réchauffe. Le renne alors migre définitivement vers les grands espaces de l’Europe du Nord.
Un important dépôt de collections a également été proposé au musée à la suite du démantèlement du cabinet de curiosités d’un collectionneur saint-gaudinois du début du XXe siècle. La collection paléontologique et de préhistoire a été proposée au Musée d’Aurignac qui maintenant dispose, grâce à ce geste, de collections d’études et de comparaison très intéressantes sur la faune de cavernes de la Préhistoire et les fossiles marins de la région : en particulier de nombreux éléments squelettiques d’ours des Cavernes, et un panorama assez complet de coquillages fossiles. A côté des oursins (echinodermes), voici les huîtres (ostrea), plus surprenantes encore les éponges de la région de Saint-Martory. Le musée est maintenant bien documenté sur cette faune aquatique qui s’est déposée au fond des mers entre 100 et 20 millions d’années environ. Les inventaires détaillés de ces séries ont été en totalité réalisés, soit près de 1000 objets.
Éléphanteau de la collection mise en dépôt
d. Le projet de réinvention : un concept innovant
1) objectifs généraux
Les témoins du passé pour le citoyen d’aujourd’hui.
Outre la conservation, le musée invite à la compréhension d’autrui par une connaissance des cultures qui nous entourent ou qui ont constitué notre passé commun. Il décrit la diversité de l'aventure humaine tout en s'affirmant comme l'un des acteurs de la lutte contre les exclusions par l'appropriation et la compréhension de ce patrimoine commun qui nous lie.
Conscients de l’importance de l’insertion du Musée dans le monde qui l’entoure, le musée réalise depuis plusieurs années des rencontres et organise des travaux avec le public néophyte et la plus jeune population locale. Peu à peu les habitants ont intégré le musée dans leur cité et son rôle de transmission, si bien qu’ils se définissent autant comme aurignaciens que comme aurignacais, parfois même simplement comme aurignaciens ! La responsabilité de la population face à ce patrimoine et à sa mise en valeur est également largement prise en compte, très au-delà des seuls édiles.
Être à la hauteur du rôle d’éponyme.
Aurignac, en tant que site fondateur de la Préhistoire, renvoie à des interrogations tout à fait fondamentales. En effet si les mots Préhistoire ou bien Paléontologie humaine font aujourd’hui partie du langage courant, ce n’était pas le cas il y a deux cents ans. Ces sciences récentes sont à l’origine d’une révolution de la pensée, qui s’articule avec le transformisme, avec aussi le darwinisme. Ces courants de recherche avec les risques de leur dévoiement que l’on a pu constater à partir de 1900 (de la sélection naturelle à la sélection médicale de Haeckel en Allemagne, qui tracera la voie aux théories raciales des nazis), posent encore des questions très actuelles. La quête d’Édouard Lartet a donné vie à la notion d’antiquité de l’Homme, nous a donné un ancêtre, et par là même nous interroge sur la place de l’être humain dans son environnement passé et actuel. On mesure bien alors toute l’importance du message d’Aurignac en particulier pour les jeunes publics.
L’originalité du projet sera d’articuler l’évolution de cette pensée, la mesure et la limite des hypothèses scientifiques renouvelées depuis 150 ans, les questionnements génétiques actuels sous les microscopes : quelle filiation possible de nos ancêtres Néandertaliens (homo neandertalensis) et Cromagnons (Homo sapiens) à travers l’ADN fossile par exemple.
Mais le musée de la ville éponyme projette d’être aussi un centre de connaissances et de ressources sur l’Aurignacien, première civilisation de l’Homme moderne, il y a 35 000 ans. A ce titre, il présentera et mettra en contexte les fleurons de cette culture parmi lesquels on connaît les remarquables œuvres d’art de la Grotte Chauvet à Vallon Pont d’Arc en Ardèche ou les statuettes de Vogelherd, et Hohlenstein-Stadel en Allemagne.
Musée, parc, sentier et abri préhistorique : une approche globale
Au cours des millénaires la population a trouvé refuge dans ce vallon. La plus ancienne occupation, l'Aurignacienne, est parfaitement concrétisée par l'occupation de l'Abri. Elle est suivie par les peuples protohistoriques (Bronze), historiques et moyenâgeux, une permanence de l’occupation humaine dans un environnement hospitalier, au pied des massifs pyrénéens.
L’ensemble des espaces du musée, le parc qui l’entoure, le sentier qui conduit vers le site éponyme, et l’abri lui-même, tous concourent au propos et sont muséographiées, avec une mise en œuvre parfois minimaliste, mais dans une connivence globale.
La qualité de l'approche muséographique, ainsi que l'utilisation raisonnée des moyens offerts par les nouvelles technologies permettront de tendre vers cet objectif. Pour chacune de ces questions, le musée proposera des éléments de réflexion en fonction des découvertes les plus récentes. Il sera indispensable d'utiliser les nouvelles possibilités d'information et d'animation (Internet, CD Rom, etc…) pour proposer régulièrement le dernier état de la question.
Les modes de vie et l'habitat de cet homme moderne seront évoqués. La muséographie mettra également en évidence les liens de l'homme avec l'environnement physique original d'Aurignac ainsi que ses capacités à s'adapter à son milieu.
Il sera question d'écologie, on y évoquera le climat, la faune et la flore et bien sûr la nature et le relief des sols, ainsi que le contexte hydrographique, le temps, la géologie.
Les disciplines nouvelles utilisées en archéologie pour la connaissance de notre passé seront également utilisées et expliquées au visiteur : sédimentologie, paléozoologie, paléobotanique avec leur apport pour la compréhension de la période.
La typologie présentée de manière concrète analysera le besoin de prolongement et d'amplification du geste du chasseur ou du pêcheur, montrera la démarche technique de celui qui crée et qui utilise, abordera la question de la quête des ressources ou de l'économie des matières premières.
2) Le musée et la bibliothèque sous le même toit.
La construction conjointe de la bibliothèque offrira de plus la possibilité d’animations communes donnera le moyen de populariser le musée. Ce pôle culturel est tout à fait important pour la commune : échange et mixité des publics, invitation des lecteurs à aller au Musée et vice-versa, la consultation des périodiques peut inclure l’actualité préhistorique, l’approfondissement des connaissances. Les animations et expositions temporaires peuvent être complémentaires ou successives dans le même local, enfin, hall d’entrée, espace/confort et équipements multimédias seront communs. Le coût est donc raisonnable pour les deux établissements mais chacun peut utiliser 40 % de surface supplémentaire. Construit pour cette destination, le bâtiment sera donc rationnel, fonctionnel, adapté à sa vocation.
e. Le musée dans une dynamique de réseaux
1) Une participation active des écoliers du canton
Le musée d’Aurignac est situé dans le chef-lieu de canton. Il va de soi que son rôle est aussi d'orienter le public vers les autres lieux culturels du canton, selon des itinéraires qui sont actuellement en cours de réalisation. Une équipe d’historiens locaux travaille sur ces parcours à thèmes : circuits de l’eau et des moulins, l’art roman, la présence romaine, chemin de Préhistoire…
Un certain nombre d’animations pédagogiques, ont concerné au premier chef les écoles du canton. Dans le cadre de la politique culturelle du musée des classes du canton ont travaillé à la réalisation de projet sur la préhistoire en particulier à l’occasion de la préparation du colloque des enfants (présenté lors du colloque international de septembre 2005.
Travail pédagogique de préparation du colloque des enfants : « la place de l’animal dans l’art aurignacien » ; décompte des espèces animales trouvées dans les sites aurignaciens des Pyrénées et du sud de l’Allemagne présenté 16-18 septembre 2005 au colloque international d’Aurignac « les chemins de l’art aurignacien en Europe »Photos musée-forumNR)
2) Le Musée-forum un projet structurant du « Pays de Comminges-Pyrénées ».
Un pôle de conservation et d’animation dans une perspective de développement durable
Le Pays de Comminges-Pyrénées élabore actuellement son schéma de développement culturel.
Le Musée d’Aurignac s’est fortement impliqué dans cette démarche nouvelle de constitution d’un ciment commun culturel. Car le développement du territoire ne se fera qu’en coordonnant l’offre culturelle, chaque musée proposant des thèmes déjà concordants. Deux points forts sont à développer :
Un pôle de conservation pourra développer une politique de collecte et de retour des nombreuses collections archéologiques (préhistoire et archéologie médiévale) actuellement dispersées. Une synthèse déjà effectuée et publiée par N. Rouquerol pour la période du Néolithique et de l’âge du Bronze a montré dans cette zone l’extrême éclatement des collections. Mais un travail de collecte et d’inventaire reste à réaliser en Comminges. Un budget y a d’ailleurs été affecté de même que l’équipement des réserves nécessaires. D’autre part la construction du musée a pris en compte ses nouveaux besoins et une première surface à prévoir.
Ce pôle de conservation permettrait au Pays de redécouvrir une grande partie de son patrimoine, parfois inédit mais souvent totalement méconnu du grand public. Il sera à la base d’une réactualisation de la recherche, d’un attrait renouvelé pour les élus disposant d’un musée en Comminges et pour les habitants.
D’autre part Aurignac propose l’animation d’un réseau des musées, avec une promotion collective des établissements, la co-production d’expositions itinérantes par exemple. Un travail en commun est évidemment une nécessité : des passeports ou bien des billets à l’année, abonnements… tous les systèmes doivent être élaborés ensemble.
On mesure bien le renforcement potentiel et progressif de l’attractivité de cette région dont tous pourraient bénéficier en même temps que le rôle moteur d’Aurignac et de sa modernisation qui sera une invitation à être suivie par d’autres.
3) La chaîne pyrénéenne : Aurignac membre fondateur de Pyrénées-Préhistoire
Des Pyrénées orientales au Pays basque, dix sites préhistoriques s’organisent pour un travail commun dans plusieurs domaines : qualité irréprochable de l’accueil et du propos, conquête de nouveaux publics, promotion et communication communes.
Ce réseau représente un potentiel de 400 000 visiteurs. Il couvre tout le panorama préhistorique depuis les premiers humains (Tautavel) jusqu’au Paléolithique supérieur (Aurignac) et au Néolithique (Bélesta). Il comporte des grottes et leurs mises en muséographie (Parc de Tarascon et Labastide), des grottes habitats (Isturitz, le Mas d’Azil) des merveilles artistiques (Gargas, Niaux, Bédeilhac-La Vache). L’objectif est de parvenir à motiver des visites successives tout le long de la chaîne en reliant ces lieux par un fil : « Pyrénées-Préhistoire ».
4) Le Musée au centre d’une dynamique scientifique internationale
Ainsi qu’il sera évoqué un peu plus loin, en tant que site éponyme, c’est bien la carte de l’Aurignacien que le musée doit jouer. Cette culture de la Préhistoire, fait l’objet de recherches, d’études et de fouilles, et surtout d’une actualité sans cesse renouvelée. Le rôle du Musée sera de mettre en scène, et d’actualiser ces nouvelles connaissances.
L’année 2005 a été marqué par le début d’une coopération transnationale (Europe) autour du thème de l’Art aurignacien. D’autres sont prévues avec et sur les peuples du froid, de même que sur le thème des échanges au Moyen-Âge.
II) Animer et faire connaître pour préparer la réouverture du nouveau musée : les réalisations depuis 2002
e. Une équipe renforcée et professionnalisée.
N. Rouquerol , outre ses diplômes universitaires, ainsi qu’elle s’y était engagée s’est concentrée sur les concours de la filière culturelle et a obtenu en 2005 le concours d’assistant qualifié de conservation du patrimoine.
Elle projette maintenant de passer le concours d’attaché de conservation.
La municipalité a donc ouvert un poste d’assistant qualifié.
Dans le cadre des projets informatiques e-conservatoire de l’Aurignacien et des projets de coopération transnationale, un emploi complémentaire a été nécessaire.
IL s’agit dune part d’assurer l’animation du site internet, le courrier aux chercheurs, le renseignement du site. D’autre part, ce poste est destiné à assurer la préparation des grandes opérations de coopération et en particulier la maquette et l’édition des actes du colloque de 2003 et de 2005.
Outre les permanents le musée reçoit l’aide pendant l’été de 2 à 4 vacations. Certaines de ces vacations ont permis de constituer le fichier informatique de la bibliothèque, de préparer l’ensemble des listes et de la communication, la préparation des badges, des commandes de bouche lors du colloque international de septembre 2005.
Le musée a reçu plusieurs chercheurs et étudiants en thèse pour l’étude de collections (Gravettien éponyme, industrie osseuse de Pyrénées) ainsi que des stagiaires dans le cadre de leurs études universitaires (mise à jour du fichier d’inventaire après la mise en sécurité des collections). Des collégiens aussi sont venus faire un petit stage (recherche iconographique sur les planches anatomiques de faune ou humain pour la publication). Tous ont apporté leur contribution à la vie des collections et des animations.
f. Une appropriation locale progressive du musée
1) projets pédagogiques et scolaires
Des classes primaires et maternelles ont suivi un programme annuel d’initiation à l’art préhistorique aurignacien.
2002-2003 : classes d’Aurignac et de Seysses-Savès : « L'Art des grottes ornées aurignaciennes » Ces travaux ont débouché sur une exposition dans les écoles de chacun et au musée sous le titre « L’enfance de l’art ».
La main, le signe, mains positives des écoliers, troupeau de chevaux en mouvement, élèves devant leurs panneaux gravés et peints. (photo NR)
2004-2005 : Les écoles d’Aurignac, Lieoux, Francon, Alan ont élaboré tous ensemble (110 enfants du niveau maternel grande section aux élèves de ce2) la conférence « la place de l’animal dans l’art aurignacien ». Elle a constitué la partie colloque des enfants au programme du colloque international de septembre 2005. Ce travail a débouché sur une présentation enregistrée par les enfants dans la salle de spectacle, mise en forme dans une présentation de 35 minutes de grande qualité.
Cette présentation a suscité le commentaire de l’un des intervenants –adulte- du colloque « alors maintenant je n’ai plus rien à dire ». Ces réalisations, et leur méthode d’élaboration - ont été également mises en ligne sur le site « Ecoles » du e-conservatoire de l’Aurignacien à l’adresse suivante : http://ecole.aurignacien.com/index1.jsp
2) Conférences et formation des enseignants
Des programmes de conférences et formations des enseignants ont été proposés, de même des conférences sur le patrimoine et l’aménagement du territoire en Comminges ont été proposées aux écoles professionnelles (proposition Pays lors de la manifestation des Pyrénéennes, intervention sur les formations en lycée agricole, pour des stagiaires ingénieurs de la DDE, pour éducateurs de classes de découverte, public local…)
Les thèmes abordés :
Patrimoine du Comminges, développement du territoire.
Patrimoine et Réseaux.
Préparer des programmes pédagogiques sur la préhistoire.
Édouard Lartet et l’histoire de la Préhistoire.
3) l’atelier d’initiation à l’archéologie : archéo-labo
L’atelier archéo-labo est une collaboration entre le musée d’Aurignac et la MJC de Saint-Gaudens. Il fonctionne depuis quatre ans et a maintenant adopté la formule de séminaires de deux jours organisés sur un sujet spécifique. IL regroupe un public âgé de 11 à 65 ans dans une mixité de générations qui favorisent les échanges. Un voyage clôture la fin de l’année. Le groupe s’est rendu à Altamira, grottes du Castillo et autres sites du pays basque, sites du Lot et de Dordogne (grotte de Pech-Merle, musée des Eyzies, grottes Lartet, Cro-Magnon, la Ferrassie, Pataud, la Micoque, Combarelles…). L’atelier archéo-labo prépare des éléments sonores pour la future muséographie autour du sujet de l’histoire de la préhistoire et du contexte scientifique du XIXe siècle.
4) Manifestations grand public
Juillet 2002 journée d’animation autour de la préhistoire (200 personnes)
Printemps des musées 2003, 2004 : promenades-conférences du musée à l’abri préhistorique
Septembre 2003 : colloque grand public et journée d’animation autour de la préhistoire au moment des journées du patrimoine (1000 personnes)
16 – 18 Septembre 2005 : colloque international, adultes, enfants et journée de reconstitution vivante de la vie préhistorique et ses activités artisanales ou artistiques (1200 personnes)
g. Rechercher et diffuser les connaissances
1) Recherche et diffusion des connaissances
En septembre 2002 s’est tenu à Aurignac la table ronde annuelle de UTAH, université Toulouse le Mirail. Autour de Jacques Jaubert, les préhistoriens du laboratoire sont venus exposer l’état d’avancement de leurs recherches.
Outre les colloques ci-dessus (cf b. 4) indiqués où les chercheurs s’étaient engagés à être accessibles au public, et où chercheurs et enfants ont été face à face, l’édition de ces événements est prévue.
2) Des collections intéressant la jeune génération de chercheurs
Le musée s’intéresse à la localisation des grandes collections aurignaciennes. Une campagne est menée de repérage, de photographies de collections publiques et privées. Elle doit déboucher sur des dépôts de pièces à présenter.
Les collections du musée ont fait d’autre part l’objet de recherche, une thèse est en cours sur les séries lithiques du site éponyme de la Gravette, dont Aurignac détient une part tandis que Saint-Germain en détient une autre.
3) Et autour du château : exposition septembre 2004 et juin 2005
Une exposition a été organisée autour de l’évolution de locale de la céramique des « potiers de terre » à partir du XIIIe avec édition du catalogue : cahier 1 du musée
h. Faire connaître le musée en France et à l’étranger
Le musée s’est efforcé de mettre en route une politique de promotion de l’établissement pour préparer sa modernisation et sa réouverture :
Participation à un colloque sur les Musées « Festas dos museos » au Portugal, présentation du réseau e-conservatoire de l’Aurignacien
Présentation en Allemagne, projet de développement du Musée d’Aurignac
Participation à une conférence en Autriche sur l’évolution de la céramique depuis le haut Moyen-Âge dans les Pyrénées centrales.
Participation au salon des maires et des collectivités locales.
1) Le e-conservatoire de l’Aurignacien
Projet soutenu par l’Europe et l’État, le e-conservatoire de l’Aurignacien est une base de données interactive concernant tous les sites archéologiques aurignaciens d’Europe. Il a permis la création d’un emploi, et met la disposition des chercheurs, du public et des écoliers une somme d’informations et d’éléments de comparaison. Aidé par le mécénat Agelid, il a été amélioré en 2005 par une nouvelle version plus performante.
Présentation par M. Claude Brunet maire d’Aurignac, du e-conservatoire de l’Aurignacien aux scientifiques et à la Direction des musées de France. Salon des maires novembre 2002 à Paris. Photo J. Brunet
2) La coopération transnationale « les chemins de l’art aurignacien en Europe ; Das Aurignacien und die Anfänge der Kunst in Europa »
2005 : colloque international organisé à Aurignac, 8 pays intervenants, deux langues en traductions simultanées, retransmission en direct dans deux salles différentes ; un public de 1000 personnes à assisté à ce congrès. Il a ouvert la voie à des recherches nouvelles sur l’articulation entre activité du cerveau et création artistique, à propos des premières manifestations artistiques de l’humanité ; Il a proposé une méthode d’approche nouvelle de la préhistoire pour les jeunes enfants, apportant des éléments de comparaison entre faune actuelle et faune paléolithique, et une prise de conscience des changements climatiques et de l’impact de l’homme sur son lieu de vie.
III) Les projets pour 2006-2010
Accompagnant la construction du musée qui interviendra entre la fin 2006 et 2008, le programme culturel de diffusion et de recherche est déjà très élaboré. Il a pour objectif de couler dans le nouvel établissement un projet suffisamment complet pour le faire vivre intensément dès sa réouverture.
a. Recherche, édition et publications.
Brochure touristique de promotion des sites aurignaciens coopérants pyrénéens et allemands (2006)
Publication du cahier 2 du musée : Colloque 2003 (2006)
Publication du cahier 3 du musée : le monde de l’Aurignacien (glossaire des objets et techniques et environnement de l’Aurignacien) (2006)
Beau livre d’art bilingue sur L’art aurignacien, 450 pages couleurs (colloque 2005), (2006)
Étude et monographie : Lartet, un scientifique méconnu (2008)
Publication sonore : constitution d’une banque de sons pour préparer la muséographie dans le cadre d’Archéo-labo
b. Mise en valeur et promotions des sites archéologiques et de l’Aurignacien
Réalisation du prototype de mise en valeur du site de l’abri préhistorique d’Aurignac (2006), destiné à être reproduit sur les autres sites archéologiques de la coopération.
Exposition itinérante franco-allemande (2007-2008) sur l’art aurignacien du Jura Souabe et des Pyrénées.
« Pyrénées préhistoire » : constitution de l’association « Pyrénées-Préhistoire » regroupant tous les sites pyrénéens de préhistoire, mise en place des actions de promotion et de conquête du public, actions de formations des guides et animateurs (2007-2008)
c. Perspectives de travail collectif.
Rencontres des musées du Comminges, recherche du plus petit dénominateur commun, mise en place d’un premier programme d’actions concertées (2006-2007)
Projet de coopération transfrontalière franco-espagnole, Italo-autrichienne sur le thème des relations transfrontalières médiévales (2008-2010)
Projet de collaboration avec les pays nordiques d’Europe et d’Amérique: peuples du froid, comprendre un mode de vie (2008-2010)
Réalisations et projets montrent une dynamique indéniable dont l’objectif premier de restaurer l’image du musée a été atteint. La réhabilitation auprès de la population de cet établissement, et son importance aux yeux du public étranger « Aurignac, bien sûr c’est la préhistoire » qui nous envie cette notoriété, a conduit à une réappropriation de ce patrimoine par la population locale.
Cette étape franchie, c’est évidemment la construction du nouvel établissement qui sera l’enjeu de ces années. Le programme culturel ci-dessus décrit vise à habiter bientôt ce nouveau lieu et offrir au public des conditions satisfaisantes de découverte de cet Aurignacien, mythique égide. En 2010, il faudra aussi fêter les 150 ans de la préhistoire et de la découverte du site ! |